
Dans notre vie, on aime plus ou moins les compétitions. On les considère parfois comme une grande fête, surtout les compétitions sportives. Comme la Coupe du monde, la plus célèbre compétition sportive dans le monde entier aujourd’hui, est organisé alternativement dans différents pays ayant candidaté. Une fois tous les quatre ans, beaucoup de gens suivent de près ce grand jeu. Leurs joies, leurs déceptions, ils partagent toutes leurs émotions avec leurs équipes préférées et les autres, ces jours sont leur grande fête.
Pourtant, il y a une ville, ses habitants peuvent faire ce genre de fête deux fois par an. C’est une vraie compétition et en même temps aussi une grande fête pour eux. Cet été, j’ai fait un petit tour en Italie. Le 16 août, quand je suis arrivé à Sienne, je suis tombé sur une des plus grandes fêtes siennoises : Le Palio. En fait, le Palio a lieu 2 fois par an, le 2 juillet et le 16 août. Les origines du Palio de Sienne n’ont jamais été expliquées précisément. On dit qu’il existait déjà bien avant 1310, l’année où l’on a consacré l’institution officielle du Palio, qui devait avoir lieu le 16 août en l’honneur de l’Assomption. En 1656, un second Palio a eu lieu le 2 juillet, qui est reconnu officiellement comme une institution en l’honneur de la Vierge de Provenant.
Le Palio siennois, on l’appelle aussi Le “Palio des Contrades”. Les Contrades sont en fait les quartiers siennois, ils étaient nombreux au début, mais il n’en reste actuellement que dix-sept. Chaque Contrade a son propre nom symbolique et son propre blason. Ils sont curieux, par exemple, comme la Chouette, l’Escargot, la Tour etc. Chaque Contrade a aussi son siège, son oratoire, son musée. Chaque Siennois vit la vie de sa Contrade, ils sont étroitement liés à leur propre Contrade. Les Contrades qui participent chaque fois à la compétition pour remporter le Palio sont au nombre de dix.
Le jour du Palio, le moment plus important pour les Siennois, c’est les courses de chevaux. C’est la compétition entre les dix Contrades sélectionnées par un tirage au sort chaque année. La course a lieu environ en fin d’après-midi. Avant la course, il y a des défilés qui sont organisés par chaque Contrade partout dans les rues de la vieille ville. Ils se déguisent en costumes du Moyen-âge. Dans chaque défilé, d’abord c’est le tambour, qui donne le rythme de la marche.

Ensuite ce sont les deux porte-drapeaux, qui déploient leurs drapeaux au rythme du tambour, le moment plus émouvant et noble est le lancer du drapeau. Les porte-drapeaux lancent leurs drapeaux en l’air, les drapeaux se croisent en haut, puis chaque porte-drapeau récupère le drapeau de l’autre. Quand ils réussissent, tout le monde applaudit.

Puis, c’est le jockey avec ses suivants. C’est lui qui va rivaliser avec les jockeys des autres Contrades. Le jockey peut être un héros de sa Contrade, aimé ou détesté selon son résultat. A la fin, c’est la troupe de supporters qui viennent de la même Contrade. Les supporters ne se déguisent pas, par contre ils portent le foulard avec le symbole de leur propre Contrade. Ils suivent leur jockey, chantent et encouragent. La manifestation commence au début de l’après-midi. A environ dix-sept heure, tous les défilés se réunissent sur la place centrale – Il Campo, en même temps la fête commence officiellement.
Tout le public se trouve au centre de la place et est enfermé à l’intérieur des barrières, à partir du moment où chaque défilé rentre dans la place, le public ne peut pas sortir jusqu’à la fin de course.

A l’extérieur, entourant le public, c’est la piste de course, d’abord c’est l’orchestre qui rentre, il joue de la musique en marchant. Puis le défilé de chaque Contrade rentre par ordre, à part leurs troupes de supporters. Chaque défilé fait le même spectacle comme il l’a fait quelque temps avant dans la rue, mais cette fois plus sérieusement. Quand tout le défilé rentre et fait un tour sur la place, c’est le « Carroccio », un rappel du moment historique siennois, et après la compétition commence sérieusement.
Pour un voyageur comme moi, on s’intéresse plutôt au défilé qu’à la course. Les déguisements, le lancer de drapeaux, ce sont les moments les plus émouvants pour moi, mais les Siennois ne sont pas d’accord avec moi. Même si ils préparent le défilé pendant douze mois par an. Pour les Siennois, le moment le plus important est toujours la course, malgré le fait que cette course avec ses trois tours du ” Campo ” ne dure qu’une trentaine de secondes.

Après la fin du défilé, les dix jockeys et leurs chevaux, qui représentent chacun leurs Contrades, se positionnent sur la ligne de départ selon l’ordre établi par un nouveau tirage au sort. Le départ est donné lorsque le dixième cavalier se place sur la ligne du départ. C’est donc le dixième cavalier qui décide du moment du départ. En fonction de la position des cavaliers sur la ligne de départ, et puis en fonction des alliances avec les autres Contrades, parfois le dixième cavalier met plusieurs heures à prendre sa décision. Cette fois on a attendu au moins une heure et demie qu’il se décide. C’est le moment plus ennuyeux pour moi, et plus émouvant pour les Siennois, ils poussent des cris de joie quand leur cavalier prend une bonne place, en contraire ils hurlent quand il prend une mauvaise place. Quand la course commence, après trois tours de la place, la compétition est finie.
Pour les vrais Siennois, c’est une vraie compétition, le Palio est comme leur vie. Le résultat de la course est très important pour eux. Comme il n’y a qu’un vainqueur, tous les autres sont des vaincus. Entre les différentes Contrades, ils se battent souvent surtout après la fin de la course. Même la course n’est pas toujours joyeuse, parfois elle est dangereuse et violente, pour être vainqueur, les cavaliers se font obstacle, se frappent et tombent. C’est une tradition sanglante depuis le début.
Après la course, la foule s’en va. Pour éviter de tomber sur une bagarre, les voyageurs se dépêchent de partir loin de la ville. Les Siennois restent et se réunissent avec leurs propres Contrades. Le vainqueur continue la fête, les vaincus tombent en désespoir.
On dit souvent que la vie est comme un spectacle. A Sienne, on peut sentir toutes les émotions en une seule journée. Il y a de la joie, de la tristesse, du partage, des complots et de l’aventure … Donc pour moi, le Palio est plus qu’un spectacle.
Zheng ZHANG, étudiant chinois, 4° année design