“elle@centrepompidou” peut apparaître comme un manifeste : la présentation de ses 500 collections au féminin dans un espace de 8000㎡, pour la première fois au monde, une mise en valeur et en perspective de ces grandes figures d’artistes oubliées.
En 1989, les Guerilla Girls ont lancé la question: ” Est-ce que les femmes doivent être nues pour entrer au Metropolitan Museum ?” puisqu’elles se sont rendu compte qu’au Metropolitan Museum of Art de New York , moins de 5% des artistes dans la section d’art moderne étaient des femmes, mais que par contre 85 % des nus étaient des femmes. Aujourd’hui, leurs affiches sont devenues une partie de l’exposition et on remarque pas loin d’ici, un autre repère artistique capital : le Louvre, qui possède 35000 oeuvres mais aucune émanant d’un artiste féminin. La conservatrice Camille Morineau a indiqué qu’avant, personne n’avait réfléchi à la raison de cette absence d’œuvres de femmes au Louvre, et maintenant ils ont commencé à discuter de ce thème.

Ni féminin ni féministe, le principe de l’exposition est de montrer et de rendre hommage à des artistes : photographes, architectes, vidéastes, cinéastes, performeuses, designers…sont regroupé en 7 chapitres : “pionnières”, “feu à volonté”, “corps slogan”, “eccentric abstraction”, “une chambre à soi” et “le mot à l’œuvre”.
On commence par le 5ème étage, où sont disposées les oeuvres des avant- gardes de 1920-1960. Suzanne Valadon, Frida Kahlo, Sonia Delaunay, Dora Maar, Joan Mitchell occupent la même place que Picasso, Mark Rothko et Marcel Duchamp, avec lesquels on peut faire une rétroaction historique du Symbolisme, Cubisme, Expressionnisme, Expressionnisme abstrait, Dadaïsme, Futurisme, Surréalisme, Minimalisme et Installations.
Au 4ème étage, on passe du côté “contemporain” à “actuel”, les traces des artiste masculins ont complètement disparu et les oeuvres de Sophie Calle, Pipilotti Rist, Annette Messager, Louise Bourgeois répandent des éclats éblouissants.
Un détail intéressant : les cartels ont changé, du style minimaliste on peut lire maintenant des extraits des explications des artistes et des commentaires des philosophes. Les objets exposés sont alternatifs et renouvelables. Cela nous donne une impression fraîche et accessible.

Lei TIAN, étudiante chinoise, 3° année communication
Plus de renseignements sur le site du Centre Pompidou.